Crainte d’une vente de faux vaccins contre le Covid-19 : La Douane de Fatick met en garde contre les vendeurs de rêves

Ce contexte de la pandémie du Covid-19 est un moment propice pour les contrebandiers. Aussi, profitant hier de la célébration de la Journée internationale des douanes, la cheffe de la Subdivision des douanes de Fatick a-t-elle mis en garde les populations contre de potentiels vendeurs de rêves.

Le Lieutenant-colonel, Ndèye Fatou Ndiaye, a souligné la crainte que des personnes malintentionnées puissent être amenées à introduire dans notre pays des médicaments supposés pouvoir prévenir ou guérir cette maladie. Pire, ces gens véreux pourraient même, selon elle, proposer aux populations des soi-disant vaccins contre le Covid-19.

C’est pourquoi, indique-t-elle, les administrations des douanes ont opté cette année pour une célébration dans la sobriété avec des messages axés sur un renforcement de la sensibilisation auprès des populations autour du thème : «Relance, renouveau résilience : la Douane au service d’une chaîne logistique durable.»

Revenant sur les saisies de produits prohibés opérées en 2020 par les unités de la Douane de la région de Fatick, la cheffe de Subdivision a constaté qu’en valeur absolue, il y a eu une certaine baisse. A ce titre, ses services ont enregistré quelque 2 tonnes de chanvre indien contre 4 tonnes saisies en 2019. Là où les saisies de faux médicaments sont évaluées à environ 44 millions de francs Cfa. Et rien que pour le mois de janvier 2021, renseigne toujours le Lieutenant-colonel, une saisie de 11kg de chanvre indien a été effectuée par ses éléments ainsi qu’une autre de faux médicaments d’une valeur estimée à plus de 12 millions de francs Cfa.

Source : Par Dioumacor NDONG – (Correspondant) – dndong@lequotidien.sn

La réponse des Ecoles Immaculée au COVID-19

Avec la fermeture des écoles à travers le monde en raison de la pandémie de COVID-19, presque tous les élèves ont dû continuer à étudier depuis leur domicile. Cependant, beaucoup d’entre eux manquent du nécessaire pour accéder à ce nouveau mode d’apprentissage. Tout cela montre qu’il ne s’agit pas seulement d’une urgence sanitaire, mais une crise de l’éducation. L’impact de cette pandémie va encore accentuer la déscolarisation des milliers d’enfants en Afrique. Les Ecoles Immaculée ou gérées par les sœurs, en lien avec les responsables de l’Enseignement Privé Catholique soutiennent les systèmes éducatifs.

Du Sénégal à la Guinée Bissau en passant par le Burkina Faso, nous nous apprêtons à accueillir 1626 élèves à travers nos 12 établissements ; grande responsabilité en ce moment très délicat pour tous. Les mêmes consignes de sécurité sont données. En faisant un tour d’horizon, nous avons vu comment la reprise des cours prévue ce mois de juin 2020 se prépare, avec tous les imprévus, les inquiétudes, les incertitudes et parfois la pression du Ministère de l’Education, des enseignants et des parents. 

Comment rejoindre son établissement au moment où les déplacements inter urbains et régionaux sont interdits ? Certes l’Etat a mis des bus à la disposition des enseignants pour les rapprocher de leurs lieux de travail. Comment prendre en charge les enfants souffrant de maladies chroniques qui les fragilisent face au Covid 19 ? Tant de questions que suscite cette pandémie. Sans compter les normes exigées par le Ministère de l’Education Nationale conditions nécessaires pour un bon déroulement de la reprise des cours pour les classes d’examen d’abord.

Le matériel sécuritaire tarde toujours à nous parvenir. Ace stade Marie Rose Diouf nous donne des nouvelles de Mbour. «Depuis que nos gouvernants ont annoncé la réouverture des écoles pour les classes d’examen, nous avons commencé à nous y préparer psychologiquement. Le ministère de l’éducation nationale, à travers les différentes Inspections (IEF), nous a envoyé un projet de plan de reprise des cours très ambitieux… Successivement, elle a envoyé des circulaires portant mention des dispositions à mettre en place pour une reprise des enseignements et apprentissages réussie.

Face à cela, nous éprouvons un double sentiment. Tout en souhaitant qu’une solution soit trouvée pour sauver l’année scolaire et éviter une année blanche, nous appréhendons fortement le risque encouru de reprendre le chemin de l’école devant une crise endémique en croissance dans notre pays. Cette peur est ressentie chez tous les acteurs de l’éducation : enseignants, élèves, parents. En attendant, nous avons tenu une réunion pour organiser la reprise qui demandera l’implication de tout le corps enseignant (à cause des règles de surveillance des enfants : 1 enseignant pour 10 élèves) à l’exception de ceux qui portent une maladie chronique.

Nous avons nettoyé l’école et ses alentours. Une promesse de l’État de doter les établissements des moyens sanitaires indispensables à une reprise des cours tarde à être effective. Pour notre part, le service d’hygiène est passé à l’école vendredi 29 mai pour la désinfection. Le lendemain samedi 30 mai, toutes les écoles de notre district ont été convoquées à Sandiara pour recevoir quelques masques, 01 thermo flash, 01 gel, et 01 madar (savon liquide). C’est la même chose dans toutes les écoles. Nous devrons nous débrouiller pour compléter le reste des dispositions sanitaires exigées par les agents responsables de l’éducation.

Nous laissons le soin à nos responsables de voir ce qu’il faut faire. Faut-il reprendre oui ou non au moment où la covid-19 continue de se propager surtout à Dakar. Sans compter l’impact sur le plan financier et les impayés des scolarités. C’est dire que tout n’est pas fin prêt mais nous allons ouvrir les portes de nos écoles pour accueillir nos élèves le 02 juin. Nous souhaitons que cette reprise n’entraîne pas des conséquences déplorables pour notre système éducatif. »

Ainsi donc, pour la protection, la sécurité et le bien-être des enfants et des enseignants, toutes les écoles se mettent au diapason des instructions de l’Etat. Nos sœurs Gilles Aimée Ciss, Elisabeth Sarr, (Immaculée de Dakar) ; Geneviève Mandjouba et Marie Thérèse Thioro Diouf (Notre Dame) ; Madeleine Odile Dioh (Rufisque) ; Clémentine Cécile Mendy (Mbour) ; Marie Rose Diouf (Louly) Domityla Boissy (Fatick) ; Marie Thérèse Daba Diouf (Kaolack) ; Jeanne Elisabeth Ndong (Nioro) ; Véronique Diouf (Oussouye) ; Yvonne Senghor (Guinée Bissau) et Marie Thérèse Sarr (Burkina Faso) nous ont fait écho des préparatifs tant au niveau pédagogique qu’au niveau spirituel. Partout, nous retrouvons les mêmes préoccupations et la même détermination pour continuer les programmes au niveau élémentaire et secondaire

« Nous sommes depuis plus d’une semaine en préparation pour la reprise du 2 juin. Au niveau pédagogique nous avions envoyé un contrôle aux 7ème le 12 mai par le groupe WhatsApp pour vérifier si les résumés des leçons d’éveil envoyés pendant les deux mois de confinement sont comprises et apprises. Les parents sont venus déposer les travaux le 15 mai. Pour l’organisation pratique, les 18 et 19 mai, nous avons effectué le grand nettoyage des salles de classes. Elles sont prêtes pour accueillir les enfants pas plus de 25 par classe

La particularité c’est que le nom de chaque élève est collé sur sa table et la liste à la porte. Les emplois du temps sont prêts déjà et envoyés aux parents ainsi qu’un guide pratique de l élève pour les comportements à l’école et à la maison. Ce qui permettra à chaque élève de connaître sa classe avant le 2 juin pour qu’à l’arrivée le jour de la reprise elles aillent directement dans leur classe et occupent leur place évitant ainsi le contact avec les autres. En consultant les fiches de renseignements, les élèves souffrant de pathologie chronique sont recensés afin de convoquer les parents et prendre les dispositions adéquates en concertation avec eux.» Sr Marie Thérèse Thioro (Notre Dame) Nous retrouvons pratiquement les mêmes dispositions à Rufisque, Mbour, Fatick, Kaolack, Nioro, Oussouye et Guinée Bissau.

De Nioro, Jeanne Elisabeth nous partage les préparatifs de la reprise des cours. « Je n’ai que trois enseignants pour le moment. Les autres sont bloqués dans les autres régions. Ceux qui doivent prendre les CM2 ne sont pas encore arrivés. Nous avons eu une formation avec les chefs religieux musulmans et chrétiens à l’hôpital que nous démultiplions. Nous avons profité du confinement pour mieux accueillir nos enfants à la reprise en carrelant les classes et le préau. J’ai eu les autorités administratives et éducatives pour la désinfection de nos deux bâtiments mais aussi pour le matériel de protection : Masque, thermo flash, lave mains et un gel hydro alcoolique. A cause du confinement je n’ai pas rencontré les parents sauf au whatsApp pour les consignes concernant le travail des élèves. Nous avons donné à l’IEF un plan de reprise. Avec le Seigneur et l’Immaculée la dispensatrice des dons de Dieu nous accueillons non enfants dans la joie parce confiantes en l’Esprit aux multiples charismes. »

A l’Immaculée de Dakar, un numéro est affecté à chaque élève comme à l’examen. Partout, les dispositifs de lavage des mains sont devant les classes et dans la cour. Sans oublier les thermo flash, les masques communautaires et les masques de protection. Une salle est prévue pour les cas suspect à isoler. 

Les élèves eux-mêmes collaborent et encouragent. C’est le cas de Lalif, terminale G à l’Immaculée qui a pensé et conçu ce tableau. « J’ai voulu dit-il contribuer à l’effort collectif en réalisant cette image. »

Sr Marie Thérèse Sarr directrice du Lycée Privé Notre Dame de POOUYTENGA (Burkina Faso), nous partage son expérience. « L’administration, en collaboration avec les professeurs accompagnent les élèves en classes d’examen en cette période difficile d’apprentissage. Des exercices de maison, sont proposés aux apprenants, surtout dans les matières de base : mathématiques, SVT, PC, philosophie, allemand, français. C’est ainsi qu’à tout moment, ils viennent au Lycée récupérer les imprimés ou consulter leur groupe WhatsApp créé à cette occasion. Alors les plus motivés peuvent parfois prendre jusqu’à trois ou quatre exercices pour la semaine Et pour les motiver davantage, la direction a demandé aux professeurs d’assurer la correction à travers le groupe.

Au niveau sanitaire, le bureau des parents d’élèves a pris la décision de soutenir l’établissement en procurant du gel hydro-alcoolique, quant aux masques la direction provinciale de l’enseignement secondaire va s’en charger. En attendant le jour J, les classes ont été nettoyées dans le but de permettre aux élèves de se sentir en sécurité et de reprendre le travail. »

Les mesures barrières pour la reprise des cours.

Au niveau spirituel, des prières sont formulées pour les victimes du Covid 19, les agents de la santé et les personnes les plus vulnérables. En famille, en Eglise, en communauté ou seul, d’une seule voix nous continuons à implorer la miséricorde du Seigneur pour tous ceux et celles qui souffrent des conséquences de la pandémie actuelle. Pour les enfants et les jeunes, afin qu’ils puissent trouver un sens à leur vie.

Que le Seigneur les aide à traverser cette étape difficile dans leur année scolaire ; pour les parents appelés à les soutenir dans ces moments pénibles ; pour les enseignants et les éducateurs afin qu’ils les aident sur ce chemin. Nous prions aussi pour le personnel médical, ceux qui soignent les malades et les hospitalisés, les personnes âgées à domicile ou dans les maisons de retraite, tous ceux qui souffrent de cette pandémie, pour les scientifiques à la recherche de nouveaux remèdes et de vaccins.

Nous n’oublions pas les dirigeants et les responsables politiques de tous nos pays et du monde. Que le Seigneur leur donne d’être davantage à l’écoute des besoins des personnes, surtout des plus démunis, afin que chaque homme, chaque femme, chaque enfant puisse vivre dans la dignité.

Covid-19 engendre Solidarité et initiatives inédites.

Des élans de solidarité ne cessent d’augmenter partout dans le monde et nos différents lieux de mission. La Solidarité s’écrit à présent avec un grand S… parce que nous devons tous nous Sauver de cette situation, Secourir ceux qui en ont le plus besoin. C’est un état d’esprit Solidaire qui n’a fait que mettre en évidence ce qui existait déjà. Ce n’est qu’avec la solidarité et la participation de TOUS (ES) que nous pouvons avancer de nouveau. De Libreville (Gabon) Sœur Florence BOUNGOUMOU nous décrit ce qu’est cette solidarité engendrée par le Covid 19

« Ballets de solidarité ! Tel un éclair tu as surgi Tu nous as rejoints là où nous sommes. De la Chine tu es parti Tu parcours le monde. Partout tu es aux commandes Monde en arrêt ! Plus de travail !

Un langage nouveau a fait irruption dans nos vies Coronavirus, bavette, mesures- barrières, Positif au covid 19, confinement. Des vies y sont passées et une histoire à reconstruire. Ton passage a suscité multiples ballets de solidarité. Unis, tous ensemble pour vaincre le covid 19 ! Marchons le cœur plein d’Espérance et d’Humanité pour prendre soin de la Terre-Mère. »

« Alors, alors, aux différents milieux sanitaires, aux communautés éducatives, paysages économiques et sociaux, cercles familiaux et groupes religieux, ôtons ce grand un grand démon par devers nous pour que VIVE LA VIE. » (Gilles Aimée)

02 juin 2020, la reprise n’a pas eu lieu. C’est tard le soir du 1er juin que la nouvelle nous est parvenue. La question de la réouverture des écoles divise autant les autorités publiques et les responsables pédagogiques que les Ecoles privées Catholiques. Ces dernières sont réticentes à ouvrir les écoles non pas pour braver les décisions gouvernementales mais par peur de ne pas être suffisamment outillés pour mettre en œuvre les recommandations sanitaires. Le matériel promis n’avait pas été donné ou très peu par rapport au nombre important d’élèves que nous allons recevoir. Le directeur diocésain de l’Enseignement privé catholique, en concertation avec les responsables d’établissements avaient reporté la reprise par mesure de sécurité puisque toutes les conditions n’étaient réunies pour la protection des élèves. Les parents pris par l’appréhension de soumettre leurs enfants au danger cèdent au principe de précaution. Pour l’heure, le gouvernement ne possède aucune réponse catégorique aux inquiétudes des uns et des autres. Pour éviter toute contamination, la reprise est reportée à une date ultérieure.

Coordinatrice du Secteur Education (Sénégal, Burkina Faso, Guinée Bissau)

Sr Marie Thérèse Daba Diouf

Les précautions prises parlesEcoles Immaculée pourlareprisedesClasses d’Examen Face au COVID-19 /BENIN

Selon la recommandation de l’Etat seuls les élèves de CM2 en classe d’Examen ont repris le 11 Mai, afin de se préparer à leurs examens du Certificat d’Etude Primaire(CEP) prévu pour le 06 Juillet 2020. Avant cette reprise de ces élèves de CM2, les enseignants ont été dépistés avec la directrice et son adjointe. Vu l’effectif des classes, les élèves ont été réparti en plusieurs salles pour respecter la distanciation. Dans la cours ou ailleurs le port de masque est obligatoire

Le lavage des mains et l’utilisation du gel hydro-alcoolique s’avèrent indispensable. Des sensibilisations leur sont données tous les matins avant le début des cours et ceux dans les classes durant toute la journée.

Les accolades, les salutations en se serrant les mains et tout autre geste barrière sont observés. Chaque apprenant est appelé à avoir sa gourde pour l’utilisation personnelle.

Cette distanciation est observée au niveau de la cantine lors de la restauration et pendant la sieste. La reprise des élèves du CI au CM1 étant prévu pour le 10 Août 2020.L’école a pris des dispositions pour leur suivi à la maison à travers des exercices de renforcement. Ces exercices sont envoyés chaque début de semaine suivante dans l’école en vue de leurs corrections par les enseignants.

ICI SONT REMIS CES EXERCICES TRAITES PAR LES ENFANTS

Au niveau de la maternelle, un travail a été initié. Compte tenu de cette pandémie, les élèves de la maternelle sont en vacance depuis le 30 Mars 2020.Pour renforcer le niveau de ces enfants, il a été des exercices d’entrainement à faire à la maison aidés par leurs parents.

Je prie le cœur de Jésus d’être votre appui, votre consolation et vous engage à vous confier à LUI sans réserve : Sainte Jeanne Emilie de VILLENEUVE Nous rendons grâce à Dieu avec tous ceux qui ont trouvé guérison au cours de cette pandémie.

Et une pensée pieuse à tous ceux qui sont encore malades puis ceux qui ont rejoint la maison du Père. Abandonnons- nous à DIEU afin que sa volonté soit faite.

Et la formation initiale en ce temps de crise ? Notre réponse face à la Covid 19

A l’annonce du premier cas enregistré au Sénégal le 02 mars 2020, la Covid 19 s’est largement imposée à tout le monde. Elle a fait irruption dans notre humanité et envahi tous les confins de la planète. Quel bouleversement !!! Pour éviter la propagation de ce virus, l’état a mis sur place des mesures drastiques d’endiguement du fléau qui ravage la quiétude humaine. En effet, tout citoyen doit s’inscrire dans ce sillage à savoir le respect du couvre-feu, de l’interdiction de circuler (rester chez soi) et de se rassembler. Dans le même ordre d’idées, l’Eglise du Sénégal a sorti plusieurs communiqués qui suspendent les célébrations eucharistiques et toute autre activité ecclésiale jusqu’à nouvel ordre.

A entendre toutes ces recommandations, par mesure de prudence, le bon sens voudrait que l’on demande aux jeunes en formation de rejoindre leur famille respective. Au contraire, nos cadres de formation (postulat et noviciat) ont changé de base à l’image du confinement de Noé dans son Arche. Nous avons appris à nous réadapter au jour le jour. Comme nous l’avons vu avec nos différentes missions (éducation, santé et pastorale sociale), nos sœurs et nos jeunes en formation veulent vous partager leur réponse à la Covid 19 et l’expression de leur foi à travers l’image de l’Arche de Noé.

A l’Arche du Postulat, il y a eu d’abord la surprise et la consternation. Formatrices comme les jeunes, sommes secouées par l’ampleur de la pandémie et les conséquences sur les personnes, surtout les plus vulnérables. Heureusement que le «Restez chez vous» et «respecter les mesures barrières» constamment lancés par les responsables sanitaires, pour lutter contre l’ennemi invisible nous donnent à penser une autre manière de réagir avec agilité en cette situation de crise.

Ne pas la subir, mais la transformer en une formidable force d’adaptation au jour le jour. C’est ainsi qu’au postulat comme au noviciat, tout un changement de programme a été effectué dans tous les domaines. 

O Coronavirus, qui es-tu ? D’où viens-tu ? Qu’as-tu fais ?

D’où viens-tu ? Nous t’entendions de loin depuis décembre 2019. Comment as-tu eu l’audace de frapper à la porte de notre pays? Mme Covid 19 tu n’es pas sérieuse, à cause de toi, tout est perturbé dans le monde. Certains vivent dans la peur au quotidien, d’autres dans le suspens d’autres encore dans l’insouciance extrême, allant même jusqu’à nier ton existence. Avec l’état d’urgence il n’y a plus de voyages, de ce fait musulmans et chrétiens n’ont pas effectué leurs pèlerinages respectifs car tu constitues une barrière entre villages, villes et pays. Mais qui es-tu pour semer autant de troubles ? 

Tu n’es que négation pour avoir une telle signification CO : Confinement, V : Voyages suspendus, I : Interdiction totale, D : Détente impossible. Ô Mme corona tu as gâché notre vie, notre liberté, tu as complètement tout changé en métamorphosant notre existence. A cause de toi nous ne pouvons plus partir à la messe, ni à l’inter-postulat, ni nous promener. Aujourd’hui, avec le port du masque, nous avons le même visage. On a du mal à nous reconnaître. Au moment où nous sommes enfermés dans nos maisons, les animaux sont libres. Quel paradoxe ! C’est bien vrai que la roue tourne car personne n’aurait imaginé que C’est ainsi que tu plonges l’humanité dans le trouble.

Ce que tu ne sais pas c’est qu’on a beaucoup parlé de toi. Un nouveau vocabulaire émerge de l’imagination de la population. Imagine un peu certains prénoms inventés pour les nouvelles générations : « Aïssatou covid Diouf, Omar corona Ndiaye, Joseph quarantaine Ndong, Odile confinement Diatta, Serge nouveau cas Mendy, Moustapha cas communautaire Mbacké, Ami positif Camara, Moussa chloroquine Seydy».

D’autres diront que « c’est positif qui est bon et non négatif » et d’autres encore croient qu’ils seront épargnés des cas communautaires puisque le siège est loin de leur village. Figure-toi Mme Covid que tu n’échapperas pas au sort qui t’es réservé avec tant d’âmes innocentes que tu as osé arracher au regard de l’humanité sans raison. Cependant, sois prête à disparaître, car le jour où le monde te saisira avec un vaccin, l’humanité jubilera.

Ce que nous avons appris de toi.

Nous avons appris que c’est dans la crise que le meilleur de chacun émerge. Même si tu es à priori négatif, nous avons appris à nous adapter et à rester chez nous. Ainsi nous sommes devenues des maitresses de maison. Avec le confinement ce fléau est loin de nous arracher notre joie de vivre car nous sommes devenues plus créatives pour rendre notre quotidien agréable. Au moment où tu semais la panique, nous nous tournions vers Dieu en nous attachant à Lui qui est le Maitre de tout. Dans la foi et l’espérance nous avons prié avec beaucoup de ferveur en communauté à travers des célébrations, des neuvaines mais aussi personnellement, répondant à l’invitation de Jésus à ses Apôtres : «venez vous-mêmes à l’écart, dans un lieu désert»… (Mc 6, 31) O toi maladie mortelle, saches que tu n’auras pas le dernier mot, car tu seras vaincue par notre Dieu qui est miséricorde et qui agit avec amour et justice.

Voilà pourquoi, l’ensemble de l’humanité, toute religion confondue, tend les mains vers le Dieu de toute Miséricorde pour faire monter des prières afin que le Seigneur nous délivre de cette pandémie et de ces méfaits. Seigneur ait pitié de notre monde et renouvelle la face de notre terre. Accueille toutes ses âmes emportées par la Covid 19, qu’elles aient la vie éternelle. Jésus sauveur fait disparaitre cette pandémie à jamais de notre monde. Puisse cette crise ouvrir les yeux qui sont restés fermés jusqu’à aujourd’hui et amener des gouvernements plus responsables, plus qualifiés et plus proactifs, avec des citoyens plus conscients et plus exigeants. Amen !

Au postulat comme au noviciat, cette pandémie n’a pas interrompu la vie de prière personnelle et communautaire, elle l’a plutôt intensifiée. Nous prions tous les jours en union avec le monde afin qu’un vent paisible vienne emporter nos peines et laisse la place aux délices de la vie. Nous déposons continuellement toutes les intentions du monde aux pieds de Jésus Sauveur pour la cessation de ce fléau. Même si les habitudes ont changé, nous poursuivons nos activités et avons créé d’autres manières d’exprimer notre créativité, nos talents par la peinture, le dessin, le bricolage et autres…

Pendant ce temps où nous sommes restées chez nous, nous avons continué les cours à la maison et avons fait plus de recherches personnelles, de lecture spirituelle, et même un perfectionnement en informatique.

La Covid 19, au cœur de nos habitudes !!!!

A l’Arche Kër Sœur Dominique Guyol, l’ambiance habituelle change de parfum et d’orientation. Elle revêt un nouveau visage inhabituel. Depuis Janvier, les novices de deuxième année étaient en stage en vue d’une expérience communautaire et devaient normalement rejoindre la maison de formation le 03 Avril 2020. Mais hélas !!!

Il faut vite écourter ce séjour pour rentrer car l’état d’urgence du Sénégal a annoncé une fermeture des frontières interrégionales. Alors en route !!! Pas d’au revoir, ni de préparations pour ne pas embrasser la surprise. 

Le 24 Mars, la sœur Marie Angélique a entrepris la route bleue pour procéder au ramassage. A 16 heures, nous voilà à Sicap Mbao. Joséphine, l’unique novice de première année avait affiché une mine heureuse malgré le retour brusque des autres. C’est le temps des retrouvailles.

Toutes nos habitudes étant bouleversées, notre emploi du temps a changé de fond et de forme. L’heure du confinement a sonné !! L’alarme du « restez chez soi » a retenti pour rappeler le danger de ce virus. Dès lors, toute notre vie s’active dans l’enceinte de la maison. Les provisions étant faites en gros, nous n’avons plus à sortir. Et comme les célébrations eucharistiques sont suspendues, nous débutons nos journées par la méditation suivie des laudes à 7h. En ce sens, nous signalons notre faim de Jésus Pain Vivant. Après le petit déjeuner, la matinée est rythmée par les tâches ménagères et les cours dispensés par les sœurs. Nous notons ici que les cours de l’inter-noviciat ont connu également un arrêt ponctuel, ainsi que la catéchèse paroissiale à cause de cette crise sanitaire.

Nous avons en effet abandonné quelques-unes de nos habitudes comme les repas autour du bol, le sport en groupe, les récréations dans la grande cour, puis nos parents et connaissances ne nous rendent plus visite. Le climat des enfants du préscolaire nous manque aussi énormément.

Ce n’est pas sans émotion que nous signalons la psychose et la monotonie des toutes premières semaines de notre confinement. Nous avons senti la peur, le découragement et la lassitude de cette nouvelle dynamique de vie que nous impose la présence de la covid 19. Alors beaucoup de questions surgissent de nos cœurs et de nos esprits. Qu’est-ce que c’est ce petit microbe qui bouleverse le monde entier ? Jusqu’à quand ce virus va cohabiter avec l’homme ? Mais où se trouve la vérité ? Le coronavirus est-il créé ou s’est-il muté ? Ces interrogations qui taraudent notre psychologie se confondent dans la paix que nous offre le Seigneur.

Bien plus, tout est considéré comme un symptôme du corona : éternuement, fièvre, toux et même le manque d’appétit. Nous trouvons dans ces actions des moments de digression pour chasser le stress. Nos récréations, causeries, et réflexions tournent autour du thème de la Covid 19. Et nous sommes toutes à l’affût des infos pour scruter le nombre de cas contaminés, de guéris et ceux en état d’urgence. Pour cela, Abdoulaye Diouf Sarr et Aloyse Waly Diouf du ministère de la santé et de l’action sociale sont devenus nos familiers car nous sommes pressées d’entendre de leur bouche l’annonce de la fin de cette pandémie avec l’expression suivante : «les résultats des examens virologiques d’aujourd’hui ont donné zéro cas».

Ce temps est favorable pour méditer et approfondir la Parole de Dieu. C’est ainsi que des récits bibliques nous aident à vivre ce moment favorable. Nous savons que, lorsque Dieu veut parler à son peuple, il l’emmène au désert ou dans un lieu clos comme l’arche de Noé ou au cénacle à la Pentecôte, la Bible raconte de multiples confinements, préfigurant toujours une sortie, voire une nouvelle naissance. C’est ainsi que, l’Arche de Noé (Gn 7) et la nuit de la Pâque (Ex 12) nous rappellent bien ce que nous vivons. Les Hébreux sont alors invités à «rester chez eux», leurs portes marquées du sang d’un agneau, afin d’échapper à la dixième plaie d’Égypte (la mort des premiers-nés). S’il est un confinement biblique motivé par la peur, c’est bien celui des disciples après la mort de Jésus : « les portes du lieu où se trouvaient les disciples étaient verrouillées par crainte des Juifs » (Jn 20,19).

Pourtant, Marie Madeleine leur transmet le message de Pâques, puis Jésus (qui devrait être confiné au tombeau !) apparaît au milieu d’eux et leur donne l’Esprit Saint – c’est la Pentecôte. Les disciples ne sont pas blâmés pour leur crainte, ni même pour leurs doutes, et leur confinement est respecté. Mais Jésus vient les y rejoindre. Ils ne sont plus seuls. Autrement dit, si l’on ne peut aller à Dieu, c’est lui qui vient à nous, même si nous avons verrouillé nos portes. C’est aussi notre expérience.

La pandémie de la Covid 19 a engendré des avantages dans notre quotidien au-delà des effets néfastes. Nous sommes privées d’Eucharistie mais nous passons plus de temps avec le Seigneur à travers l’adoration, la méditation de sa parole et les exercices de piété pour raffermir notre attachement à Lui et pour lui confier tous les acteurs de la santé, les autorités étatiques, les chercheurs ainsi que les victimes de la covid 19. C’est dans la foi et la confiance puisées du cœur du Christ pendant la prière que nous menions nos activités.

Le confinement nous a aussi permis d’approfondir notre formation à la vie consacrée par des recherches, des lectures, de confectionner le maximum d’ouvrages au moment des activités manuelles et de conforter nos relations fraternelles par la connaissance mutuelle, la solidarité et l’entraide.

Nous avons également profité de ce moment pour incarner nos riches cultures diversifiées en inventant des week-ends d’intégration, pendant lesquels nous partageons la joie d’être ensemble.

Somme toute, nous communions à cette souffrance universelle et de concert avec tout le peuple sénégalais, nous continuons de veiller au strict respect des mesures-barrières (le lavage des mains, le port obligatoire du masque, la distanciation physique…) pour que le corona puisse disparaître de notre existence. Nous exigeons aussi le port du masque à tous ceux qui viennent pour la corvée d’eau au niveau de la pompe. 

Notre foi en Dieu Trine nous offre la latitude d’envisager un post-covid 19 radieux, riche en couleurs, en forme et en parfum dans un baume de sainteté. Un post-covid19 qui « renouvellera la face de la terre » pour que l’humanité jubile en ovation sous l’impulsion de l’Esprit Saint, fredonnant ce refrain épris de grandeur et de puissance :

«O Seigneur, notre Dieu, qu’il est grand ton nom par toute la terre». (Ps 8)

Sœur Marie Angélique Sarr

Sans santé rien ne peut se faire : La réponse de nos sœurs à la Covid-19

L’apparition de la COVID 19 a montré toute l’importance de la santé dans la vie. SANS ELLE RIEN NE PEUT SE FAIRE. Devant cette épidémie d’une telle ampleur, le système de santé se trouve un peu partout débordé, dépassé et souvent inadapté pour ce qui concerne l’Afrique.

Chaque pays a mis et continue de mettre en place des mesures dites urgentes prises dans l’urgence, en ayant recours à l’aide internationale selon le degré d’infection de sa population. Les maladies ignorant les frontières, les actions qu’entraîne la protection de la santé revêtent donc un caractère transfrontalier qui nécessite une coopération interétatique.

Nous assistons partout à une prise de conscience accrue de la nécessité d’une santé valable pour tous, accessible à tous, soutenable par tous. Voilà pourquoi, nous empruntons au frère Bruno Cadoré la métaphore de la résistance à la Covid-19 pour comprendre notre mission dans son ensemble. 

En effet, parler de résistance, «nous permet de prendre en compte à la fois les dimensions individuelle et collective, de souligner l’interdépendance de tous, de nommer les insuffisances de moyens, de préciser les forces et les faiblesses du corps social et de solliciter l’effort de chacune et de chacun pour intégrer de façon solidaire les failles et les besoins dans leur ensemble, de manière panoramique et dynamique.»

A vrai dire, cette pandémie met brutalement au centre de nos préoccupations la question de la santé notamment celle des plus vulnérables. C’est ce qui nous a poussées à nous mettre à l’écoute des expériences de nos sœurs qui continuent d’accueillir, d’accompagner et de soigner les malades parfois dans des conditions précaires avec tous les risques inhérents au métier. Elles nous disent comment elles gèrent la COVID-19 au milieu des malades qu’elles reçoivent au quotidien. Qu’est-ce qui a changé dans leur approche des patients ? Avec quelles précautions et comment les rassurent-ils dans un contexte d’insuffisance de moyens de protection ? Comment se passe la collaboration avec les services du ministère de tutelle ? Comment gérer la stigmatisation dont souffrent les victimes de la Covid 19.

C’est le lieu de rendre ici un HOMMAGE appuyé à tout le personnel de santé particulièrement à nos sœurs et leurs collaborateurs, qui à travers nos différents postes de santé (Mont Roland, Sanghé, Ndiaganiao, Fatick et Pouytenga (Burkina Faso), se battent pour protéger et sauver des vies. (Sœur Marie Rose Dione, Provinciale)

Du poste de santé de Fatick, sœur Marie Yvonne Mbengue nous introduit dans ce partage : « Depuis le 02 mars 2020, date à laquelle le Sénégal a enregistré son premier cas importé, la situation a évolué et des foyers épidémiques géographiquement localisés sont apparus avec une transmission communautaire accrue. Ainsi, pour interrompre la transmission de la maladie, la participation de tous les agents de la santé et surtout communautaire constitue un élément incontournable par la résistance devant cette situation d’urgence.

Le Sénégal, conformément au règlement sanitaire international et compte tenu des flux migratoires, a élaboré un plan de riposte à travers le ministère de la santé et de l’action sociale, en collaboration avec les autres secteurs et l’appui des partenaires techniques et financiers. L’Association des Postes de Santé Catholiques du Sénégal, qui compte aujourd’hui 76 postes, en étroite collaboration avec le ministre de la santé, travaille dans ce sens pour lutter contre la propagation de cette maladie qui n’épargne personne. »

Pour Sœur Marie Thérèse Diouf, « les postes de santé «Immaculée» sont inscrits dans cette logique de riposte dans les districts, avec tout le personnel mobilisé et les acteurs communautaires afin de résister à la COVID-19. Nous favorisons surtout la communication sur les risques et la surveillance à base communautaire. A cet effet, au niveau de nos postes, il y a un dispositif qui est mis en place à l’entrée du poste pour le lavage des mains à l’arrivée comme à la sortie, avec du savon antiseptique, du gel hydro alcoolique, acheté ou donné par les districts, un thermo flash et une salle d’isolement pour accueillir les cas suspects. Le port de masque est obligatoire pour tous les malades et la distanciation d’un mètre avec les autres patients est exigée et respectée. D’autres mesures de prévention générales et spécifiques sont aussi prises en compte.

Dispensaire de Mont Roland, Fatick et de Sanghé, un jour de consultation.

Les consultations se font dans une salle aérée ou ventilée. Nous essayons de nous protéger, tout en protégeant les malades. Ce qui n’est pas toujours évident.

Dans notre cadre de vie, c’est-à-dire au village, la situation est très difficile car les populations vivent de leurs ventes journalières, pour celles qui le peuvent. Les moyens manquent souvent pour se soigner. Cela nous l’avons fortement ressenti dans nos postes de santé. Ayant entendu qu’il y avait des cas de Coronavirus dans les structures sanitaires où ils 3 se faisaient suivre, certains malades ont déserté les hôpitaux pour venir se faire soigner dans nos postes de santé. Nous faisons beaucoup de gratuités, vu la situation qui s’impose. Tous les patients sont soignés quels que soient leurs moyens. »

Du poste de santé de Ndiaganiao, sœur Marie Hélène Coly, nous donne des échos de la réponse à la Covid-19.

D’abord, qui es-tu Covid 19 ?

« Je suis un virus. Un virus qui fait parler tant de personnes. Un virus qui ne se déplace pas mais qu’on déplace et qui se propage vite dans les rassemblements par la salutation, la proximité, les gouttelettes de salive et j’en passe. Un virus qui recherche toujours un milieu favorable où l’hygiène n’est pas respectée. Un virus qui a tué des milliers de personnes et qui n’épargne personne surtout les plus vulnérables.»

Devant tout cela et connaissant notre population dont certaines sont sans informations et d’autres refusent simplement d’appliquer les mesures recommandées, notre devoir est de les informer à travers des activités de sensibilisations sur les mesures de prévention. Elles se déroulent comme suite :

Après la prière, nous nous dirigeons vers la salle d’attente où se trouvent les malades. Par une salutation de «parenté à plaisanterie » entre sérères et diolas, nous accueillons les patients en les mettant à l’aise. Ainsi les malades sont réceptifs et s’intéressent beaucoup à ce que nous leur disons.

Voici le message que nous véhiculons :

LA PANDEMIE EST ARRIVÉE À UN NOVEAU OÙ CHACUN DOIT SE PROTÉGER ET PROTÉGER SON ENTOURAGE

Ainsi vous devez :

  • Porter le masque avant de sortir de la maison et au dispensaire. De ce fait, vous vous protégez non seulement du coronavirus mais aussi des autres maladies comme la grippe ou la tuberculose qui se contaminent aussi à travers les gouttelettes de salive.
  • Le masque ne se prête pas, le virus passe à travers la salive
  • Laver les mains avant de toucher le visage, les mains sont source de contamination.
  • Mettre les habits et les chaussures au soleil de retour à la maison.
  • Ne pas se donner la main
  • Eviter de voyager et de se rassembler, le virus étant transporté par les individus,
  • Eternuer ou tousser dans le coude, ainsi vos gouttelettes de salive ne seront pas éparpillées
  • Se laver les mains en entrant au dispensaire et au retour à la maison, mieux, se doucher, car le virus n’aime pas la propreté
  • Maintenir une distance d’un mètre entre vous.

Une fois la communication de masse terminée, nous leur faisons suivre un débat ou une émission sur la Covid-19 en attendant leur tour de consultation. Il va sans dire qu’en tant qu’agents de santé, nous sommes les premiers à appliquer ces mesures de prévention surtout la désinfection des surfaces, des bancs et chaises où s’assoient les malades, les portes, etc…

Nous veillons à nous protéger pour ne pas exposer nos malades. Lors de la consultation nous revenons sur certains points en entretien individuel pour mieux expliquer à ceux qui n’avaient pas bien compris ou les retardataires qui n’avaient pas assisté à la communication de masse. »

Du centre de santé de Mont Roland, sœur Madeleine Ngom renchérit : « Les séances de sensibilisation à la radio sont suivies de la distribution de lave-mains et masques aux familles, en collaboration avec la mairie et le poste de santé publique. Notre poste de santé, soutenu par un bienfaiteur, a distribué 1000 masques. Aujourd’hui, nous continuons notre lutte contre ce virus avec de nouvelles initiatives et à cet effet, nous avons reçu du PNUD par la mairie, un lot de matériel, entre autres, un pulvérisateur pour désinfecter régulièrement nos lieux de travail. Nous privilégions les visites à domicile (VAD) pour évaluer l’application de toutes les directives données sur les mesures d’hygiène et de prévention. »

Mais comment rassurez-vous les malades lorsqu’on sait que la Covid-19 entraîne au niveau communautaire des comportements liés à la peur, à la méconnaissance de la maladie et de son mode de transmission et surtout aujourd’hui à la stigmatisation ?

« En effet, nous dit sr Marie Yvonne, il est important de donner aux populations, aux malades que nous recevons des informations claires sur la maladie et les précautions à prendre pour limiter la propagation au niveau communautaire et surtout les rassurer.

La sensibilisation à travers la communication se fait avant et pendant les consultations, tous les jours dans nos postes pour éviter la contamination. Les acteurs communautaires jouent aussi un rôle essentiel pour relayer les bonnes informations auprès de la population. Nous n’avons pas encore de cas mais nous restons vigilants et nous continuons à résister pour limiter la propagation de ce virus. Devant cette maladie, l’inquiétude, le stress nous habitent, mais la solidarité et la prière nous aident à tenir, nous souvenant toujours de ces recommandations de notre Fondatrice Sainte Jeanne Emilie de Villeneuve : « Les sœurs se regarderont auprès des pauvres malades comme des anges consolateurs députés par la Divine Providence. Si elles sont animées d’un véritable esprit de foi, elles ne se rebuteront jamais d’aucune peine, ni d’aucun office, parce qu’elles envisageront Jésus-Christ dans la personne des malades.» (C. 1840. n°577). »

Du Burkina Faso, où le Coronavirus s’est importé depuis le 9 mars, sœur Agnès Rita Ndiaye responsable du CREN (Centre de Récupération et d’Education Nutritionnel) nous fait écho de son expérience quotidienne.

« Au début, il y a eu beaucoup de décès au niveau national, jusqu’à l’arrivée des secours des chinois par vol spécial. Des mesures drastiques ont été prises pour réduire les risques de contamination. C’est ce qui a permis la prise en charge des malades malgré les difficultés. Nous saluons la décision de l’Etat pour la fermeture des marchés de Ouagadougou avec une sensibilisation au préalable, la fermeture des lieux de culte, des établissements scolaires, des restaurants et hôtels, le couvre-feu et la fermeture des frontières au niveau interurbain et inter régional. Aujourd’hui le Burkina Faso se retrouve avec moins de 30 cas positifs, après le déconfinement. C’est un record que n’ont pas encore atteint beaucoup de pays de la sous région.

Mais l’impact sur le plan socio-économique n’a épargné personne. Notre mission a aussi été fortement touchée. .Avec les mesures prises par l’Etat, nous nous sommes mises à fond dans la sensibilisation des villageois, allant jusqu’à initier un atelier de confection de masques avec les pagnes tissés. Aujourd’hui, la situation est alarmante surtout dans la prise en charge domestique des enfants de 0 à 18 mois. Nous avons constaté au CREN que 70 à 80 % des enfants accueillis, de cette tranche d’âge, souffrent de malnutrition sévère. Est-ce dû à la conjoncture extrêmement difficile, au mois du ramadan où les mamans jeûnant, délaissaient par fatigue les enfants ou bien à la corvée d’eau dont la population manque depuis 5 semaines ? Les femmes doivent parcourir des kms à la recherche du liquide précieux où l’acheter très cher par tonneau. 

Nous aussi, à Pouytenga, nous faisons comme elles pour s’approvisionner en eau potable.

Notre réponse à la situation de ces enfants a été l’augmentation de la production de farine enrichie donnée gratuitement aux plus nécessiteux. Ce qui les a beaucoup soulagés. Nous nous sommes approvisionnées en lait qui coûte excessivement cher pour les enfants des 1 er et 2 ème âges, dont les mamans n’arrivent pas à faire face et qu’il faut aider.

Des démonstrations culinaires et conseils diététiques en faveurs des mères et des enfants ont rendu un grand service. Nous sommes parfois arrivées à des résultats inattendus, après un suivi plus ou moins long. Cela nous donne beaucoup de joie. Mais lorsque nous sommes obligées de transférer les enfants au district sanitaire, cela devient plus compliqué pour les parents qui n’ont pas assez de moyens pour faire face à des dépenses onéreuses. Notre mission se fortifie chaque jour dans la prière. L’éducation et les soins prodigués nous rendent solidarité des plus démunis.»

La solidarité, fruit de la Covid-19

« Partout la solidarité est bien effective surtout dans le milieu de la santé à travers l’intérêt porté à notre travail, les informations, les formations reçues, les encouragements, les dons et le partage de matériel entre les postes », nous dit sr Madeleine Ngom, qui remercie au nom de tous, entre autres, l’Association des Postes de Santé Catholiques qui a beaucoup soutenu matériellement les postes de santé.

Pour sr Marie Hélène Coly, « lorsque nous parlons de la Covid-19, nous montrons toujours sa face négative, pourtant, elle a des effets positifs dans notre milieu. Notons le réflexe des gestes d’hygiène qui s’installent petit à petit dans les familles et le grand élan de générosité des uns et des autres. Aujourd’hui, notre joie est grande de parler de cette solidarité dont nous avons été témoins au sein de notre dispensaire. C’est ainsi que nous avons bénéficié des dons de gel, de savon, d’eau de javel, de thermo flash, de masques. Oui la Covid-19 nous a rendus généreux mais surtout, nous a unis dans la résistance et le combat pour son éradication.

Avez-vous entendu parler de l’Artémésia ?

En réponse à cette question, sr Marie Hélène nous dit penser d’abord à tant de patients, souffrant de maladies chroniques, qui s’exposent à des risques sérieux s’ils interrompent leur suivi médical. Nous portons leur crainte d’une contamination qui leur paraît plus fatale qu’une absence de guérison. Il faut aussi assurer la disponibilité des moyens que demande la prise en charge de ces patients. Par ailleurs, pendant que l’on compte, non sans raison, les patients morts de la Covid-19, d’autres meurent d’autres épidémies qui continuent de ravager des populations entières sans que l’on envisage de mobilisation massive pour les enrayer.

L’artémésia oui, il est bien connu, c’est une plante très efficace contre la grippe. Tant à Mont Roland qu’à Fatick, il est intégré dans le traitement des malades les plus vulnérables. C’est aussi un préventif contre le paludisme. Indépendamment de la Covid-19, c’est un complément alimentaire que nous proposons à nos patients. Dans le cas présent, nous l’associons systématiquement dans le traitement du patient.

La prière, force devant cette pandémie

Notre première activité est de nous tourner chaque jour vers notre Dieu et Père, de qui tout nous vient. Ainsi nous lui confions cette situation de pandémie avec ses ravages en implorant sa miséricorde sur les victimes la guérison pour les malades et la patience et la persévérance pour les familles. Nous demandons surtout la protection divine pour tout le corps médical exposé en sauvant des vies.

Notre prière va aussi à l’endroit de nos autorités civiles et religieuses. Que, face aux tensions tant sociales, économiques, politiques que religieuses, elles puissent sous le souffle de l’Esprit Saint, prendre les décisions pour rechercher chaque jour le bien commun et l’intérêt de toute la nation. Nous rendons grâce au Dieu Providence qui nous a visitées à travers des donateurs et qui a uni les cœurs dans une solidarité commune. Qu’Il les comble au-delà de leurs attentes !

Sœur Madeleine Ngom Coordinatrice du secteur Santé

Nos lieux de solidarité à l’épreuve de la Covid 19 : La réponse du «petit colibri bleu»

Durant cette crise pandémique, les gestes de solidarité sont encore nombreux. Si à l’instar des autres pays, l’État du Sénégal a déployé des moyens conséquents pour protéger les plus vulnérables, les citoyens (es) se sont également entraidés à travers la mobilisation de la société civile. La réponse des Sœurs de l’Immaculée Conception de Castres quant à elle, est comparable à celle de la légende amérindienne du « petit colibri » racontée par Pierre Rabhi. 1

« Un jour, dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés, atterrés, observaient impuissants le désastre. Seul le petit colibri s’activait, allant chercher quelques gouttes avec son bec pour les jeter sur le feu. 

Après un moment, le tatou, agacé par cette agitation dérisoire, lui dit : «Colibri ! Tu n’es pas fou ? Ce n’est pas avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu !» Et le colibri lui répondit : «Je le sais, mais je fais ma part.» répond le volatile. Ne sommes-nous pas invités chacun (e) à imiter le petit colibri et à « faire aussi sa part » ?

La réponse des Sœurs de l’Immaculée est aussi similaire à celle de la «femme au foin.»Un fait qui nous est relaté dans la vie de Sainte Jeanne Emilie de Villeneuve, dont on ne parle presque pas. Il s’agit de sa rencontre mais surtout du geste qu’une pauvre femme portant du foin dans son tablier a posé lors de la construction de l’Eglise Sainte Sophie. Ainsi, dans les Notes Personnelles nous pouvons lire : «Quand on bâtissait l’église Sainte Sophie, les personnes riches et pieuses faisaient de grandes aumônes ; une pauvre femme donna du foin dans son tablier pour les bœufs qui conduisaient la charrette, et comme elle avait plus d’amour que les autres, sa pauvre offrande fut plus agréable à Dieu. » (N.P. 68)

Comment ne pas penser aussi à l’obole de la veuve, à ce visage de femme, d’une discrétion exemplaire et d’une générosité étonnante présenté par l’évangéliste Saint Marc ?Seule la sensibilité de Jésus à la pauvreté a permis de voir l’humble geste de cette femme.

« Jésus s’était assis dans le Temple en face de la salle du trésor, et regardait la foule déposer de l’argent dans le tronc. Beaucoup de gens riches y mettaient de grosses sommes. Une pauvre veuve s’avança et déposa deux piécettes. Jésus s’adressa à ses disciples : « Amen, je vous le dis : cette pauvre veuve a mis dans le tronc plus que tout le monde. Car tous, ils ont pris sur leur superflu, mais elle, elle a pris sur son indigence : elle a tout donné, tout ce qu’elle avait pour vivre. » (Mc 12, 41-44).

Le petit colibri, la femme au foin et l’obole de la veuve, nous serviront de guide pour partager la réponse du Secteur Social à la Covid 19.Comme le colibri qui lutte contre un incendie de forêt avec les quelques gouttes d’eau qu’il transporte dans son bec, comme l’offrande de ces deux femmes, de Mbour, Nioro Medina Wandifa, Fatick, Kaolack, Ndiaganiao, Mont Roland, Sanghé, Guinée Bissau et Burkina Faso, chaque sœur fait sa part dans la lutte contre le Coronavirus, qui a embrasé le monde en quelques mois.

Sœur Thérèse Elisabeth Thiaré, coordinatrice de la Pastorale Sociale nous fait écho de ces petites gouttes d’eau qui soulagent et consolent, ces petits gestes de résilience, qui redonnent vie et encouragent. A travers nos différents centres de promotion féminine, nos ateliers, nos programmes d’accompagnement des femmes dans le microcrédit, du nouveau a surgi.Vraiment, la Covid-19 engendre solidarité et initiatives inédites.

« Avec le Microcrédit, nous nous rendons sur l’île de Fayako.Nos sœurs Marie Florence Diouf, Agnès Daba Seck, accompagnées de Marie Thérèse Ndong vont à la rencontre des femmes pour le microcrédit.

Cette traversée du fleuve nous renvoie à la légende du petit colibri. Leur présence apporte les petites gouttes d’eau qui soulagent et réconfortent. Elles aussi « font leur part »

Comme toutes les activités économiques du pays, le microcrédit continue de subir les effets de la pandémie. Les conséquences sur le suivi des groupes des femmes bénéficiaires de microcrédit sont grandes. En effet, depuis le 17 mars date de notre dernière rencontre avec les femmes de Fadiouth pour le versement du sixième mois, nous n’avons plus effectué de sorties. Toutes les activités ont été suspendues attendant de voir l’évolution de la pandémie.

Les rencontres qui étaient prévues au mois d’avril avec les partenaires ont été également annulées. Avec l’assouplissement des mesures, nous reprenons petit à petit. Il faut signaler que durant cette période d’arrêt, beaucoup de groupements devraient faire le versement du sixième mois. Même si les villages n’ont pas enregistré de cas positifs du Coronavirus, ils ressentent les conséquences avec la fermeture des marchés hebdomadaire « Louma », ainsi que les restrictions de voyages interurbains. Par ailleurs, certaines femmes pourraient avoir des difficultés pour honorer leur engagement lors des versements. 

En conséquence, l’échéance du projet risque d’être impactée à son tour. Cette situation fera l’objet de réflexion avec les partenaires pour voir les mesures d’accompagnement adaptées à prendre. Tout dernièrement, le mercredi 17 juin, nous sommes allées à la rencontre des femmes de Nakamaye à quelques kilomètres de Thiadiaye pour le versement du semestre. Avant de commencer, sœur Marie Florence a pris un temps de sensibilisation. En effet, à notre arrivée nous avons remarqué que les femmes n’avaient pas leurs masques et les mesures barrières n’étaient pas du tout respectées. Nous espérons que notre sensibilisation portera du fruit.

En compagnie de Mme Emeline Ndiaye, sœur Marie Florence a repris les activités à Fatick.C’est le même constat. L’arrêt brusque de toutes les activités au sein des organisations féminines a tout bouleversé. Pour ces femmes, le petit commerce qui contribuait à la survie des familles, s’est lourdement appauvri. Le microcrédit est au ralenti ainsi que les épargnes et les remboursements. Les rencontres durant les formations étaient des moments de retrouvailles et de partages d’expériences. Comment redynamiser les groupes et relancer les activités au moment où la covid 19 continue à se propager ? Nous sommes toujours présentes.

Dans la nouvelle fondation, à Madina wandifa, à l’image de ce colibri, les soeurs , en ce temps d’épreuves relatives à la Pandémie de la Covid 19, tentent de soutenir la vie de foi des paroissiens qui ne peuvent plus avoir la messe à travers des émissions à la Radio.

Tous les dimanches les sœurs, le curé et deux paroissiens, à tour de rôle, assurent la célébration de la Parole de Dieu

Deux heures autour des textes liturgiques de chaque dimanche sur les ondes de la radio communautaire de Madina wandifa KAMBENG. FM 92.7 C’est un espace de rencontre et de communion avec tous les fidèles et même les voisins musulmans du quartier qui suivent les émissions. Les trente dernières minutes sont réservées aux appels en direct.

A Tobor, commune située à 7kms de wandifa, le Maire Mr Ousmane Manga, un ami de la communauté, a sollicité un appui en produits préventifs de la Covid19. Ainsi les sœurs ont voulu apporter leur réponse en initiant des formations en eau de javel, un désinfectant que les femmes utilisent déjà, pour les lavages des mains dans des bidons placés devant les concessions et les maisons.

Lavage des mains dans les entrées des concessions avec l’eau de javel à Touba Mbacké (2km)

Cette formation se poursuit dans les autres communes de wandifa et Faoune.

Au cœur de la Covid 19, la communauté de wandifa vit des rencontres salvifiques de sensibilisation auprès des populations très insouciantes, voire innocentes et difficiles à convaincre des dangers de la maladie et des mesures barrières à adopter. Quelques nécessités ont amené les sœurs à distribuer un masque par-ci, par-là surtout pour les femmes qui puisent l’eau aux puits de la ville et la vendent aux familles. Il en est de même pour cet éleveur de porcs qui fait du porte à porte à la recherche d’aliments.

 

A TOBOR les tout-petits ont exigé à leurs parents le port de leurs masques. Ils voulaient des masques comme leurs mamans.

Des ateliers de couture se transforment en centres de confection de masques pour les villages. Comme les « Masques communautaires » confectionnés au Centre de Mbour. Ils sont destinés à quelques-uns. C’est ce qui a soutenu un père de famille durant le mois du ramadan lui permettant aussi de payer régulièrement les frais de location de sa maison.

Ce n’est qu’avec la solidarité et la participation de TOUS (ES) que nous pouvons avancer de nouveau.Comme le petit colibri, des petites actions ont été initiées comme la vente de «khéthiax» ou poissons fumés de Mbaling (Mbour) ou tout simplement fait maison. Nous avons créé des ponts, cherché des occasions pour mettre en lien les femmes entre elles, d’une région à une autre, notamment, avec les vendeuses de Dakar.

Sœur Marie Rose Diouf nous partage ce geste de solidarité dans le village de LoulyBenteigné grâce à la générosité des partenaires de l’Association « Louly, l’école au Sénégal ». Cent soixante-quinze (175) familles du village de Louly ont chacune reçu un sac de 25 kilogrammes de riz et deux bouteilles d’huile. Rappelons que ce village compte mille six cent soixante-seize (1 676) habitants. Les villageois n’ont pas tardé à venir chercher ce don tant attendu et si précieux en cette période de soudure.

C’est un grand soulagement pour les familles qui éprouvent le manque et traversent des moments difficiles dus aux effets socio-économiques de la pandémie de la covid-19.

A Sanghé, même si la crise touche la population, la Covid 19 a permis de redynamiser quelques activités. Ainsi, la fabrication du savon bio a connu un grand essor. Sœur Marie Charlotte Faye a ouvert les portes à des femmes pour un travail à mi-temps dans l’emballage et le conditionnement du savon. Il y a eu les transformations des mangues en confiture et les melons de la « GOANA » en fruits confits.

Notre petit colibri se déplace vers Mont-Roland et y trouve sœur Claire Ndiaye qui elle aussi fait sa part. Elle nous partage le déplacement de lieu et de stratégie opéré par l’atelier de confection qui était en pleine formation pour le renforcement de capacités. Notons que cette formation a été démarrée par la fondation Jean Paul II en novembre durant trois jours, puis renforcée d’une semaine, en janvier dernier, grâce au financement de la mairie qui a aussi équipé l’atelier en machines de broderie. Les filles ont dû suspendre toutes leurs activités y compris celles de la formation pour rester chez elles et ainsi limiter tout risque de contamination.

Au bout d’un mois, l’idée de continuer la pratique de la formation à domicile a été émise. Aujourd’hui, chacune des filles fréquentant l’atelier, effectue son travail à la maison. Ce qui n’est pas évident, du fait qu’elles sont pour la plupart des femmes au foyer et les activités ménagères prennent parfois le dessus et ralentissent leur travail. Autres difficultés relevées, ce sont les scolarités qui n’ont pas été honorées et les monitrices non rémunérées.

« A Kaolack, comme partout, nous avons subi aussi l’épreuve et les conséquences de la Covid 19 nous dit sœur Hélène Ndour. Nous avons arrêté les apprentissages pour obéir aux décisions de l’Etat. La crise tout en étant une crise sanitaire est aussi une crise économique N’ayant pas la possibilité de faire un suivi direct des filles que par les appels téléphoniques, la monitrice et moi-même, nous nous sommes lancées dans la production de robes, de chasubles, d’étoles et de nappes d’autel pour les vendre et combler ainsi les scolarités impayées. Nous 11 espérons qu’après la reprise des écoles, nous pourrons aussi faire revenir au moins les apprenants de la 3ème année en concertation avec L’ANPF (l’Association Nationale pour la Promotion de la Femme) afin de valider l’année. Notons que le centre a bénéficié de la Chambre des Métiers d’un don en gelhydroalcoolique, savon liquide, gants et masques.

Ce que je retiens, c’est que la solidarité est là et on ne peut que s’en émerveiller ! Il faut absolument la cultiver en partageant nos savoirfaire et en consolidant nos liens. La Covid 19 nous met tous (tes) devant l’essentiel, à savoir, la solidarité et «l’ETRE AVEC». Il est très difficile de faire face à cette situation, mais par la grâce de Dieu, nous essayons de trouver quelques alternatives. Au sein du secteur de la Pastorale sociale, cette pandémie, nous a poussés à la réflexion, à l’approfondissement de notre foi. Devant la mort, disait une femme, « il faut revenir à Dieu»

Notre petit colibri se déplace vers la communauté de Nioro du Rip. N’oublions pas que l’incendie est immense et la Covid 19 a atteint tous les coins et recoins du Sénégal. Elle est dans les familles et affecte durement les personnes âgées et les plus démunis. Elle a suscité des rencontres et renforcé les liens entre chrétiens et musulmans.

C’est ainsi que le Député a eu un entretien avec l’Equipe Pastorale. Il a félicité les chrétiens pour leur engagement gratuit dans cette lutte contre la Covid 19. Sachant que nous n’avons pas de moyens pour faire face à cette période de pandémie, il nous a octroyé une aide en nature (riz, produits désinfectants) que nous avons jugé bon de partager avec les nécessiteux du quartier. Le chef de quartier nous a donné aussi du riz, quelques produits désinfectants, une fontaine artisanale pour se laver les mains. Cela manifeste la bonne cohabitation et notre insertion dans le milieu. L’école étant en chantier, nous avons eu à prendre des ouvriers à la recherche de travail pour leur gagne-pain en cette période de crise : une chance en ces moments difficiles.

Les maladies ignorant les frontières, la Covid 19, nous mène au Burkina Faso. Là aussi les sœurs font leur part. Les activités au centre de tissage sont au ralenti. Les sœurs ont initié la confection des masques communautaires avec le pagne tissé. Le maraîchage avec les femmes de Zooré a transformé le paysage devenu méconnaissable malgré la dure réalité de la Covid 19. Patiemment, les gouttes d’eau ont «changé le désert en verger». (Is 32,14-15)

Ce que nous avons vécu à travers nos différentes missions, montre que notre monde sortira de cette pandémie, renouvelé. Elle devra conduire les hommes à plus de solidarité, de justice sociale, les aider à réapprendre la nécessité d’une redistribution équitable des richesses source de paix durable. L’égoïsme et l’individualisme doivent faire place à la fraternité, au-delà des frontières où Dieu se rend présent dans nos petits gestes de communion

La femme dont parle Emilie se présente avec du foin dans son tablier. Elle nous laisse son tablier pour servir. C’est l’image de la Congrégation portant le tablier de service, car pour elle, la vraie mission, c’est le service dans la solidarité.

La solidarité active nous apprend non pas la survie mais la nouvelle vie.«Je suis venu pour que les hommes aient la vie et qu’ils l’aient en abondance». (Jn 10, 10)

La coordinatrice du Secteur Pastorale Sociale

Sœur Thérèse Elisabeth Thiaré

Le vécu et les initiatives des jeunes professes face à la Covid 19

«Il vit, le Christ, notre espérance et il est la plus belle jeunesse de ce monde. Tout ce qu’il touche devient jeune, devient nouveau, se remplit de vie. Dieu est l’auteur de la jeunesse» nous dit le Pape François, dans Christus Vivit. Marie Odette Sène, de la communauté de Kaolack nous introduit dans ce partage. Au cœur de cette pandémie nous avons revisité le sens de notre vocation. Elle nous oriente à tirer le meilleur de nous pour la gloire de Dieu et pour le bien des autres.

Nous jeunes, il ne s’agit pas seulement de faire des choses, mais de les faire avec un sens, avec une orientation. Voilà pourquoi, le Pape nous invite à l’enthousiasme, à la créativité, à risquer ensemble la mission. Oui chères sœurs, Dieu nous aime ; le Christ nous sauve et il vit aujourd’hui. Enracinées ainsi dans la foi et rassurées par le Christ, l’Ami qui fait vivre, nous sommes invitées à vivre de l’Esprit, «source de la meilleure jeunesse». C’est cette expérience spirituelle de la Covid 19 que nous voulons vous partager.

Depuis mars, le coronavirus a imposé sa loi : celle du confinement et de la distanciation sociale. Tout a changé. Et pourtant, Nous étions très motivées avec un programme d’activités bien ficelé pour la pastorale vocationnelle, l’école, le centre et les mouvements d’action catholique. Mais voilà que l’ennemi invisible appelé Covid19, est venu tout interrompre et nous entraîner dans un grand changement. Heureusement que l’épreuve de la foi et la peur n’ont pu freiner notre élan autant sur le plan spirituel, communautaire que pastoral.

Sur le plan spirituel : le confinement m’a permis d’être plus régulière à mon oraison personnel, de vivre de moments de cœur à cœur avec Jésus à travers la méditation et les prières communautaires. J’en ai bien profité aussi pour faire plus de lectures spirituelles.

Sur le plan communautaire : avec la communauté, j’ai pris l’initiative de confectionner des pochettes, des sacs, des bouteilles et des napperons. Ce travail manuel fut un moyen, d’occuper de manière utile ce temps de confinement et de trouver des fonds pour la caisse de la pastorale vocationnelle.

Les moments de détente ont marqué notre vie communautaire. En effet, c’est avec intérêt que nous nous retrouvions chaque soir dans la cour de la maison pour suivre un film, un théâtre ou pour débattre sur des thèmes liés à la mission. Il me plaisait de proposer à mes sœurs quelques distractions et je le faisais avec empressement car il y a plus d’amour à donner qu’à recevoir. Nous étions en grande joie pendant ces moments de récréation, source d’enrichissement mutuel. Aussi ont-ils renforcé notre fraternité et notre esprit de famille.

La pastorale vocationnelle : malgré la suspension des activités, j’ai pu continuer à accompagner les aspirantes. Le samedi 13 juin, j’ai visité celles de Passy pour voir comment elles poursuivaient leurs études en cette période où les écoles sont fermées. J’ai été peinée de les voir laissées à elles-mêmes sans encadrement. Je me suis demandée jusqu’à quand cette crise qui nous bouleverse à tout point de vue ?

La situation pandémique est telle qu’il est impossible d’organiser un camp vocationnel. Donc, j’ai dû prendre une journée pour accompagner spirituellement les jeunes dans le respect des mesures barrières. C’était une occasion de faire connaissance avec leurs familles et avoir un petit entretien avec chacune.

A l’école : je me suis dévouée à suivre mes élèves à travers le réseau whatsapp. En collaboration avec mes collègues, j’envoyais régulièrement des exercices pour renforcer leurs apprentissages à la maison.

Depuis le 25 juin, l’éducation scolaire a repris ses activités. Ainsi de 9h à 14h, nous accueillons les élèves du CM2. Chaque matin, devant le portail, un thermo-flash à la main, j’aide à vérifier la température de ceux qui entrent dans l’établissement et m’assure que le lavage des mains soit effectué. Pendant la récréation, je me dispose pour la surveillance de la distanciation physique. C’est en ce sens que nous essayons de participer à l’endiguement de ce fléau.

Nous sommes au studio de Madina Wandifa avec notre sœur Emilienne Nacoulma.

Allo, Emilienne à l’antenne.

L’humanité toute entière est secouée par la crise du Coronavirus. Wandifa n’est pas en reste, même s’il a fallu plusieurs mois avant qu’il n’enregistre son premier cas positif. Depuis que nous avons appris que l’ennemi numéro un du monde entier a attaqué notre chère Afrique, en commençant par les pays du Maghreb, la peur et l’angoisse ne cessent de s’accroître en nous. Les questions fusent. Comment allons-nous le combattre ? Est-ce que nous y arriverons, là où les grandes puissances ont failli?

Mais dans un esprit de foi, nous l’accueillons comme une épreuve de laquelle Dieu nous sortira vainqueurs. Oui Par la puissance de Dieu, Corona sera vaincu. Amen !!!!

Quant au confinement dans laquelle cette pandémie nous a plongés, je le considère comme une sorte de session. L’exercice quotidien pour moi a consisté à gérer l’espace réduit en communauté pour me retrouver et à vivre plus d’intériorité personnelle. Profitant le maximum du temps libre, je me suis beaucoup consacrée à la lecture et au suivi de l’évolution de la maladie dans le monde. Durant cette période aussi, mon nouvel apostolat fut l’animation d’émissions radiophoniques en collaboration avec le curé de la paroisse, la sœur Marguerite et deux fidèles. Ce fut une occasion de partager mes expériences de foi à travers les commentaires des textes bibliques et de rester en communion avec la communauté paroissiale. Mon adresse aux populations était également de lancer un appel retentissant au respect des mesures barrières, comme l’émission est suivie par beaucoup de personnes.

Je n’ai pas oublié de prier pour toutes les victimes de cette maladie. Mon intention de prière est que le Seigneur accueille auprès de lui les victimes, qu’il accorde la guérison aux malades et qu’il éveille la conscience de tous ceux et celles qui ne croient pas jusque-là à cette maladie. Seigneur, libère tes enfants !!

Pour Sœur Marthe Pouye de la communauté de Mbour, la pandémie du Coronavirus a permis à l’humanité de prendre conscience que tout être humain est à aimer et à considérer ; c’est là l’essentiel de l’existence. Cette période de confinement nous a ouvert énormément d’espaces de silence et de prière mais aussi de créativité. Il nous a donné l’opportunité de marquer une pause face aux bruits du monde.

Certes, c’est un temps difficile qui nous prive de beaucoup de choses mais il nous a aidés à poser un regard renouvelé sur notre vécu quotidien et nos relations les unes envers les autres. Avec le confinement, j’ai pu élaborer un nouvel emploi du temps au niveau spirituel et communautaire. Il m’a donné l’opportunité d’être plus présente en communauté, de réaliser des activités et travaux de maison, de développer les talents cachés : une nouvelle manière de vivre et d’agir autrement :

  • Approfondissement de certaines sessions JP
  • Confection des sacoches, des napperons et des vases
  • Nettoyage et rangements de certains recoins de la maison
  • Jardinage en semant du bissap [oseille] et du gombo.
  • Sport et divertissement 
  • Les partages en JP ont été aussi des moments de ressourcement.

N’ayant pas eu l’opportunité de sortir fréquemment, je faisais une petite sensibilisation aux jeunes laveurs de voiture installés en face de la communauté. Comme actes concrets, j’ai eu à leur donner du gel et des masques. Ce fut ma contribution à la lutte contre la Covid 19. Toutes ces activités étaient soutenues par une vie de prière personnelle et communautaire. 

Nos sœurs étudiantes dans la santé, Romélie et Eléonore de communauté du postulat de Thiès nous partagent leur expérience durant la pandémie.

L’école n’est surtout pas en reste. Voilà ce qui explique que nous qui sommes étudiantes, nous avons été obligés d’arrêter les stages et les cours pour pratiquer le « rester chez soi » afin de protéger nos familles et nos communautés.

Un dicton populaire dit « A toute chose malheur est bon ». Ce temps de semi confinement noté dans notre pays nous a permis de passer davantage de temps avec notre communauté, avec le Seigneur et surtout avec nous mêmes. Durant ce temps, les heures de prières et de rencontres avec le Seigneur ont été accentuées. Le postulat de Thiès prie et implore le Seigneur pour le monde afin qu’Il déverse sa miséricorde sur notre monde en détresse. Notre programme va alors des adorations en passant par le chapelet communautaire au quotidien et les offices.

Cependant dans le but de lier vie contemplative et vie active, nous nous occupons aussi de notre maison et de ses alentours afin de la rendre propre et accueillante comme toujours. Nous gérons ainsi ménage, nettoyage, cuisine, arrosage et pleins d’autres petites choses pour le bien de toutes. Nous nous acquittons de ces taches avec beaucoup de joie et d’abnégation .Nous n’oublions pas de mettre nos masques, de nous laver les mains tout le temps, d’éviter de donner la main et de respecter la distanciation physique.

Depuis l’avènement de cette pandémie du coronavirus le 02 Mars 2020 au Sénégal, nous nous sommes conformés à la décision de nos gouvernants sur la fermeture temporaire de tous nos établissements et universités afin d’y éviter la propagation du virus. Nous savons tous que ce sont des milieux très ambiants, très fréquentés et qui drainent du monde. C’est ainsi que cette décision a été soutenue, approuvée et accueillie par tous au sein de ces temples du savoir où la majorité est constituée des jeunes, l’avenir du pays. Face à cette fermeture, des réflexions ont été menées pour continuer les enseignements/apprentissages à distance. L’administration de notre établissement Monseigneur NDIONE a mis à notre disposition l’application ZOOM.

Nous avons pu bénéficier de quelques cours en ligne (4cours) et là encore avec beaucoup de difficultés. Pour un meilleur suivi de ces enseignements, une nouvelle plateforme a été mise en place en mi-juillet, et nous saluons cette initiative qui nous a aidés à poursuivre le travail entrepris jusqu’à la reprise présentielle. En communauté, nous nous sommes transformées en femmes au foyer. J’ai vécu ce temps avec beaucoup d’ingéniosité au sein du postulat (Thiès) en collaboration avec mes sœurs.

Sœur Eléonore Adam’s Diouf
Comme vous pouvez l’imaginer, nous inventons notre journée en prenant soin de la maison. Sœurs comme postulantes, toutes à pied d’œuvre, veillant à la propreté des locaux. Il s’agit ici du ménage, du balayage de la cour, de l’intérieur comme de l’extérieur de la maison, de l’arrosage des fleurs et de la cuisine assurée à tour de rôle. Les sorties sont bien programmées en vue de satisfaire les besoins pressants, avec toutes les dispositions à prendre : port du masque, utilisation du gel hydro alcoolique, lavage des mains au retour. La pandémie continue toujours de nourrir la peur, mais les cœurs sont unis pour créer au sein de la communauté une bonne ambiance et une joie exprimable. Chacune dispose de ses temps libres qu’elle essaie de gérer d’une manière convenable. De mon côté, je m’occupe avec la révision des cours, les recherches, la lecture spirituelle, la relecture de mes notes de sessions ou autres, le sport, le divertissement avec les chants … Notre prière quotidienne, vécue en communion avec notre humanité souffrante, comme un vent paisible, vient soulager notre peine. Nous déposons continuellement cette intension aux pieds de Jésus Sauveur, Maitre du temps et de l’histoire. Une autre expérience d’étudiante est celle de Sœur Véronique Dione de la communauté de l’Immaculée.

Tout de suite après l’arrêt des cours en présentiel décrété par le président de la république le 14 mars, l’UCAO-ST MICHEL n’a pas perdu du temps pour assurer la continuité à travers différentes plateformes comme le Google Classroom, Meet, Zoom, Wathsapp etc. Malgré les efforts fournis, cette nouvelle forme d’apprentissage à distance a posé d’énormes problèmes d’adaptation aux étudiants habitués à l’apprentissage en présentiel. Moi aussi je me suis mise à l’œuvre pour la poursuite des études en ligne. Au début, j’ai eu du mal à m’intégrer pensant que la situation s’améliorerait très rapidement.

Mais au fil des cas qui augmentaient, j’ai perdu tout espoir de retourner à l’école et je me détermine à m’adapter à la situation. Les professeurs nous encouragent à intégrer la nouvelle forme car aucun autre issu n’est envisagé pour sauver l’année académique

Cette expérience a été pour moi un peu difficile. La compréhension était devenue lente et la moindre distraction, avec les messages et les appels, je ratais les explications. De même la connexion instable des réseaux mobiles n’a pas facilité les apprentissages. Aujourd’hui l’habitude est acquise. Je me sens à l’aise et trouve assez pratique cette nouvelle méthode. Je comprends que les changements sont difficiles au début mais après ils deviennent intéressants.

Mon expérience je l’ai aussi partagée en communauté éducative, aidant de temps à autres les sœurs à utiliser les applications pour des cours en ligne au niveau de l’école. Je vis des moments de partage sur des thèmes axés sur la foi avec les jeunes de la paroisse pour nous enraciner davantage dans notre foi malgré la situation.

Seigneur, éternel est ton Amour, n’arrête pas l’œuvre de tes mains !!!!

Nous nous rendons à la communauté de Oussouye pour y retrouver Thérèse Amy.

Il était une fois un virus Corona !!!

Venu de la Chine, ce grand voyageur a décidé de sillonner le monde en l’occurrence les pays Européens. Nul ne pouvait imaginer que ce dernier visiterait nos pays chauds d’Afrique. Mais hélas, il est quand même arrivé et bien arrivé!!

Depuis tout est bouleversé. Il a fallu adopter de nouvelles manières de vivre, réveiller l’esprit d’initiatives afin de faire face à cette pandémie. « Rester chez vous » fut pour nous un défi pour éviter de nous enliser dans l’oisiveté mais trouver un nouveau sens à notre vie communautaire et apostolique devenue statique et quasi monotone.

C’est ainsi qu’en communauté nous avons intensifié les prières. En dehors de l’oraison habituelle et de l’office du jour, tous les jours de 9h à 13h nous prenions un temps pour l’adoration du Saint Sacrement, suivi de l’office du milieu du jour, du chapelet médité et de la prière composée par le Pape François, pour que le Seigneur fasse miséricorde à son peuple.

Dans notre maison- communauté, devenue Eglise domestique, se tiennent les célébrations Eucharistiques enregistrées en direct sur la radio communautaire pour soutenir la foi des fidèles chrétiens. A cet effet, nous avons profondément vécu, en solidarité avec eux, le temps pascal : les chemins de croix, le dimanche des rameaux et la grande Célébration Pascale.

Dans cette même maison-communauté, les travaux ménagers sont substitués à l’apostolat. Nous avons pu initier une mini-industrie pour la transformation des produits locaux ; une occasion de changer de tablier. Le sport, la lecture spirituelle et profane ont rythmé notre quotidien. Nos cœurs ont été sensibles à la souffrance de nos populations et conscientes que la vie devenait de plus en plus dure, nous avons partagé avec quatre familles des denrées de première nécessité.

Avec le groupe des JP, les samedis, nous avons pu réfléchir et partager sur l’exhortation apostolique post synodale CHRISTUS VIVIT par des vidéoconférences animées à tour de rôle. Par l’entremise des réseaux sociaux, nous avons également sensibilisé les jeunes de nos mouvements, nos amis et nos parents. Bref cet ainsi que nous avons participé à la lutte contre la pandémie et occupé notre temps.

Tout ceci a été vécu dans le respect strict des mesures barrières. Aujourd’hui, malgré la peur et l’inquiétude qui nous habitent encore, nous sommes heureusement surprises des initiatives développées pendant ce confinement. Puisse le Seigneur nous délivrer de cette pandémie pour le salut et la paix de tous.

Thérèse Amy et Marguerite, responsable des JP

Nous traversons la frontière pour rencontrer Sœur Anne Marie Marcel de la communauté de San Domingo en Guinée Bissau. La Covid 19 nous a imposés un confinement et l’adoption de nouvelles habitudes. Face à cette autre manière de vivre, j’ai pu consolider ma relation à Dieu, en aménageant des temps de prière personnelle en plus de ceux de la communauté, pour laisser la parole de Dieu éclairer mon regard sur la situation actuelle et frayer un chemin de renouveau dans mon cœur. J’ai pu relire ma vie spirituelle et prendre un nouvel élan. Avec le groupe des JP, les samedis, nous avons pu réfléchir et partager sur l’exhortation apostolique post synodale CHRISTUS VIVIT par des vidéoconférences animées à tour de rôle. Par l’entremise des réseaux sociaux, nous avons également sensibilisé les jeunes de nos mouvements, nos amis et nos parents. Bref cet ainsi que nous avons participé à la lutte contre la pandémie et occupé notre temps. Tout ceci a été vécu dans le respect strict des mesures barrières. Aujourd’hui, malgré la peur et l’inquiétude qui nous habitent encore, nous sommes heureusement surprises des initiatives développées pendant ce confinement. Puisse le Seigneur nous délivrer de cette pandémie pour le salut et la paix de tous. Thérèse Amy et Marguerite, responsable des JP. 8

En communauté, nous avons initié la vente de glace, une activité génératrice de revenus. Aussi du labeur de nos mains nous assurons l’essentiel de nos besoins grâce à nos récoltes de fruits et légumes

Nous nous sommes également investies dans le jardinage et les travaux des champs, des activités qui ont permis à la communauté de toucher du doigt la réalité de nos populations : il faut travailler dur la terre pour subvenir aux besoins de la famille.

La sensibilisation ici se fait au quotidien. Notre population très vulnérable ne peut pas faire face à ce fléau, cela nous préoccupe beaucoup. Pour elle, nous intensifions nos prières en communauté et demandons à Dieu sa miséricorde et son secours. A Sanghé, Avec Sœur Marie Joseph, l’apparition de la COVID 19 a été un fardeau pour les habitants en raison des changements survenus brusquement.

Il nous faut désormais faire face à beaucoup d’exigences. La situation est très difficile parce que tout est hors de nos habitudes. Mais au fur et à mesure que nous avançons dans la découverte et la connaissance de ce virus, nous prenons conscience de sa gravité.Au dispensaire, en solidarité avec les populations, nous nous armons de foi et de courage, respectant mais surtout sensibilisant d’arrache-pied sur les mesures barrières seule arme à l’instant pour aller à la rencontre de cet ennemi.

En communauté nous avons dû réaménager notre emploi du temps. L’accent est mis sur la vie de prière sous toutes ses formes. L’adoration, a été la source même de notre paix, le moment où nous avons pu offrir notre monde angoissé au Christ Pain Eucharistique.

Le confinement a aussi fait naitre des initiatives communautaires : rangements de la maison, grand ménage, teinture, confection de chapelets, transformation des produits locaux, lecture personnelle et recherches. Il a donné un regain à nos vies personnelles et communautaires. Nous avons pris plus de temps de récréation pour être ensemble et renforcer nos liens communautaires. Toute fois le confinement a mis au ralenti toute la mission de l’école, la savonnerie et les activités paroissiales. Confiture, Teinture, Chapelets.

 

Nous confions au divin Maitre notre humanité douloureusement frappée par ce virus. Une réelle circonstance pour relire notre vie… Dieu, viens à notre secours !!!

Caroline Mbengue de la communauté de Ndiaganiao : la Covid-19, une pandémie venue apporter une nouvelle ère humanitaire !!! Tout est grâce !!!

Depuis 4 mois nous sommes confrontés à ce fléau et toujours, incertains de son éradication. Confinée en communauté, j’ai vécu ce temps de pandémie d’abord dans la confiance. « Dieu voit tout et il chemine avec ses enfants». Je me suis appliquée au respect des mesures édictées, prônant la sensibilisation pour le port du masque et le lavage des mains. Avec la suspension des eucharisties et de certaines activités, j’ai pu réorganiser mes journées:

  • plus de temps avec le Seigneur dans la prière
  • plus de lectures spirituelles,
  • et plus d’activités manuelles.

En ce sens, la réflexion des JP sur CHISTUS VIVIT fut une activité de marque, par laquelle j’ai conforté ma jeunesse et consolidé ma vocation. Ce fut un temps de formation effective surtout pour mon engagement à la cause du royaume.

Par ailleurs, le vécu pesait de temps en temps très lourd. Plus de sortie, plus de rencontre !!!! Les gens s’évitent et tout est déprogrammé. Personnellement j’ai senti la routine et l’ennui. J’ai eu encore peur de la situation parce que les cas se multiplient et certains demeurent dans la négligence des mesures barrières…nous continuons de porter notre monde au Christ qui peut tout !

Poème à la Covid 19

Ou Coronavirus, que dire de toi ??

Ton nom est célèbre !

Et ton parfum de mauvaise odeur ne cesse d’embaumer notre humanité !

N’es-tu pas un mal nécessaire ??

Mais oui !!!

Le monde entier parle de toi !

Tu es entré dans toutes les facettes de notre existence :

Perte importante de vies humaines, dégradation de l’économie,

Fermeture des lieux de culte, Perte de travail, perte de quiétude et de paix.

Quelle existence humaine vivement dévastée !!!

Oui toi Corona, ton ouvrage déconstruit, paralyse et étouffe.

Et pourtant n’es-tu pas une épreuve de notre temps pour aider

l’homme pour changer de vie et de regard 11

Derrière ton côté ténébreux se révèle un bien Mais oui Corona !

Il y a du bien que l’homme de foi peut tirer de toi en levant le voile de tes méfaits.

Nous avons reconnu que :

« Rien ne vaut la vie et la vie ne vaut rien ! »

En te découvrant nous avons découvert notre vulnérabilité !

Seul Dieu est capable de tout, L’homme n’est capable de rien ! Générosité et

Prière et transformation

Personnelle, communautaire

Notre société souhaite vivre et demande au Seigneur ton envol !!!

Sœur Marie Joseph Bouda

Profession perpétuelle du 26 décembre 2020

En ce jour 26 décembre 2020, le lendemain de la nativité de notre Seigneur, nous avons accompagné nos soeurs Célestine DIATTA, Lucie Daba SARR et Marie Odette SENE dans leur engagement définitif. Nos soeurs sont heureuses de suivre le Christ pour toujours et expriment leur reconnaissance à toute la congrégation

Adoptez les gestes barrières pour lutter contre le coronavirus

« Bien se laver les mains (avec du savon et de l’eau) minimise le risque d’être contaminé après avoir touché une surface qui a été préalablement contaminée par une personne malade, puis de se toucher le visage, la bouche ou les yeux. » 

Le lavage des mains doit se faire plusieurs fois par jour à l’eau et au savon pendant 30 secondes puis il faut les sécher avec une serviette propre ou à l’air libre. Il faut se laver les mains après toute manipulation d’un masque (tout type de masque), avant de préparer les repas, de les servir et de manger et avant de sortir de chez soi, après s’être mouché, avoir toussé ou éternué, avoir rendu visite à une personne malade, chaque sortie à l’extérieur, avoir pris les transports en commun (ou partagés), être allé aux toilettes, avoir touché aux parties communes d’un immeuble.

Mettre du gel hydro-alcoolique

L’utilisation de la friction des mains avec du gel hydro-alcoolique est recommandée par les autorités de santé, notamment chez les enfants à l’école qui n’ont pas toujours à disposition un point d’eau avec du savon. Pour être efficace, il faut avoir les mains visuellement propres et respecter les 6 étapes : paume contre paume/dos des mains/entre les doigts/les dos des doigts/les pouces/le bout des doigts et des ongles. Il faut se laver les mains plusieurs fois par jour

Appliquer la distanciation "sociale"

« Il faut observer une distance de sécurité d’un mètre entre les personnes. C’est la distance qui permet de ne pas être touché par les gouttelettes du nez ou de la bouche susceptibles de contenir le virus » insiste notre interlocuteur. Ce principe doit être respecté dans tous les lieux publics, les commerces et les transports en commun. Lorsque l’endroit est confiné et qu’il n’est pas possible de respecter cette distance, le spécialiste recommande de « tourner le dos à la personne malade, afin que les sécrétions aient moins de risque de toucher le visage ». 

De plus, ces mesures de distanciation passent aussi par :

  • ne pas se serrer la main,
  • ne pas s’embrasser,
  • ne pas se donner d’accolades,
  • télé-travail le plus possible,
  • la réduction voire l’interdiction de rassemblements,
  • la fermeture de lieux de rassemblements (cafés, restaurants, théâtres…)

Les règles d’hygiène respiratoire

  • Eviter de se serrer la main ou de se faire la bise pour se saluer.
  • Éviter de se toucher la bouche, le nez et les yeux : nez, yeux et bouches sont autant de « portes d’entrées » possibles au virus. En période d’épidémie, il est préférable d’éviter au maximum de se toucher le visage avec les mains, potentiellement contaminées.
  • Se couvrir la bouche et le nez avec le pli du coude ou avec un mouchoir en cas de toux ou d’éternuement – jeter le mouchoir immédiatement après dans une poubelle fermée et se laver les mains avec une solution hydro-alcoolique ou à l’eau et au savon. Se couvrir la bouche et le nez en cas de toux ou d’éternuement permet d’éviter la propagation des virus et autres agents pathogènes.

Porter un masque

« Il est établi que des personnes en période d’incubation ou en état de portage asymptomatique excrètent le virus et entretiennent la transmission de l’infection. Au Sénégal, dans ce contexte, le port généralisé d’un masque par la population constitue une addition logique aux mesures barrières actuellement en vigueur ». Les masques sont par ailleurs obligatoires dans les transports en commun, pour les enseignants, personnels de la petite enfance et chez les collégiens. Un commerçant peut aussi imposer le port du masque dans son commerce. Les bonnes volontés s’organisent pour en faire produire, surtout des masques en tissus et lavables.

Covid19 : La barre des 600 décès franchie

9 décès ont été enregistrés hier. Ce qui porte au total le nombre de victimes de la covid19 à 601 victimes au Sénégal depuis le début de la pandémie. C’est la principale information du point du jour sur la situation de ce 27 janvier. Sur 1698 tests réalisés, 280 sont revenus positifs, soit un taux de positivité de 16,49 %.